Wake-on-LAN : allumer un ordinateur à distance

23 septembre 2026 13 min Réseaux

Le wake on lan, souvent abrégé wol, permet d’allumer pc a distance lorsqu’il est éteint ou en veille, à condition que le matériel, le système et le réseau soient configurés correctement. Ce guide explique la wake on lan configuration, le rôle du magic packet, les limites du reveil par le reseau et les vérifications à faire quand le réveil échoue.

Allumer un PC à distance, oui, mais à trois conditions

Oui, il est possible d’allumer un ordinateur à distance sur son réseau local, mais seulement si trois conditions sont réunies. Premièrement, la carte réseau doit être compatible Wake-on-LAN et l’option doit être activée dans le BIOS ou l’UEFI. Deuxièmement, dans la majorité des cas, la machine doit être reliée en Ethernet, car le Wake-on-LAN par Wi-Fi est rare et dépend du matériel. Troisièmement, la trame doit être envoyée depuis le même réseau local, car le mécanisme repose le plus souvent sur un broadcast que les routeurs ne transmettent pas.

Avant de modifier quoi que ce soit, relevez l’adresse MAC de l’ordinateur cible, son adresse IPv4 locale et le comportement de sa carte réseau une fois le PC arrêté. Pour comprendre ces échanges dans le contexte plus large des Réseaux, il faut distinguer l’identité matérielle de la machine de son adresse logique sur le LAN.

Dans l’interface de Windows, l’adresse MAC se trouve dans les propriétés de l’adaptateur. En ligne de commande, utilisez ipconfig /all, qui affiche notamment le nom de la carte, l’adresse IPv4, la passerelle par défaut et l’adresse physique au format XX-XX-XX-XX-XX-XX. Si vous avez besoin de clarifier la différence entre ces identifiants, vous pouvez consulter adresse IP et adresse MAC.

Ce qu’est le magic packet et pourquoi il reste local

Le Wake-on-LAN fonctionne grâce à une trame appelée magic packet. Son principe est simple : elle contient 6 octets à FF, suivis de 16 répétitions consécutives de l’adresse MAC de la machine à réveiller. La carte réseau, même lorsque le système est éteint dans certains états d’alimentation, reste à l’écoute de ce motif binaire et déclenche le démarrage lorsqu’elle le reconnaît.

Cette trame est généralement envoyée en broadcast sur le réseau local, par exemple vers 255.255.255.255 ou vers l’adresse de broadcast du sous-réseau, telle que 192.168.1.255. Les ports UDP les plus souvent utilisés sont 7 et 9. Il n’existe toutefois pas de port unique obligatoire dans la spécification : l’essentiel est que l’équipement qui envoie la trame et celui qui la reçoit utilisent un format accepté par la carte réseau.

C’est ici que le reveil par le reseau se heurte aux limites du LAN. Un routeur ne route pas les broadcasts, ce qui empêche la trame magique de traverser Internet telle quelle. Autrement dit, le wake on lan est conçu pour le réseau local. Dès qu’on sort du LAN, il faut un contournement, par exemple un relais interne, une règle de redirection particulière ou réveiller un PC à distance via un VPN, à condition d’avoir ensuite un chemin valide jusqu’au broadcast local.

Pour situer le mécanisme dans la pile réseau, le fonctionnement du protocole TCP/IP aide à comprendre pourquoi une adresse MAC agit au niveau local alors qu’une adresse IP dépend du routage entre sous-réseaux.

Activer Wake-on-LAN dans le BIOS ou l’UEFI

La première étape de la wake on lan configuration se fait avant le démarrage du système. Dans le BIOS ou l’UEFI, recherchez une option dont l’intitulé varie selon les fabricants : Wake on LAN, Power On By PCI-E, Resume By LAN ou une formulation proche. Il n’existe pas de nom universel, car chaque constructeur l’implémente différemment.

Vérifiez aussi les paramètres d’alimentation. Certaines cartes mères coupent l’alimentation des périphériques réseau en arrêt complet, ce qui rend le réveil impossible. Si une option du type ErP ou économie d’énergie profonde est activée, elle peut désactiver le maintien électrique du contrôleur réseau.

  • Entrez dans le BIOS ou l’UEFI au démarrage.
  • Activez l’option liée au Wake-on-LAN ou au réveil par PCIe.
  • Désactivez, si nécessaire, les modes qui coupent totalement l’alimentation réseau.
  • Enregistrez les changements, puis redémarrez.

Si l’ordinateur est connecté en Wi-Fi, le résultat dépend fortement du matériel. En pratique, un câble Ethernet reste la méthode la plus fiable. Si le poste concerné se trouve loin de la box, améliorer la couverture de votre réseau local ne remplace pas une liaison filaire pour le WOL, mais peut aider pour l’administration générale du réseau.

Activer le WOL dans Windows et vérifier la carte réseau

Une fois le firmware configuré, activez le WOL dans le système d’exploitation. Sous Windows, ouvrez le Gestionnaire de périphériques, puis les propriétés de la carte Ethernet. Dans l’onglet de gestion de l’alimentation, cochez les options autorisant ce périphérique à sortir l’ordinateur de veille et, si elle existe, l’option limitant ce réveil au magic packet.

Dans l’onglet avancé, cherchez des paramètres comme Wake on Magic Packet, Shutdown Wake-On-Lan ou Wake From Power Off. Là encore, les noms changent selon le pilote. Si la carte n’affiche aucune option de ce type, cela peut venir du pilote installé, du chipset ou du fait que le fabricant ne l’expose pas dans Windows.

Pour vérifier rapidement la configuration IP de la machine, la commande ipconfig affiche les cartes réseau actives et leur adresse IPv4. La commande getmac affiche l’adresse MAC et le nom de transport associés à chaque interface. Si vous devez activer IPv4 sur Windows 10 ou paramétrer IPv6 sur Windows 10, faites-le avant vos tests afin d’éviter une mauvaise interface de sortie.

Quand le PC est arrêté, regardez le port RJ45. Sur beaucoup de cartes, une LED reste allumée ou clignote faiblement si la carte continue d’être alimentée. Ce n’est pas une preuve absolue de bon fonctionnement, mais c’est un indice utile.

Envoyer la trame depuis le même réseau local

Une fois la configuration terminée, envoyez le magic packet depuis un appareil connecté au même sous-réseau. Vous aurez besoin de l’adresse MAC de la machine cible, et selon l’outil utilisé, de l’adresse de broadcast locale comme 192.168.1.255 et d’un port UDP, souvent 9.

Si vous administrez votre réseau local, vous pouvez aussi vérifier l’attribution des adresses avec DHCP. Une réservation d’adresse pour le PC à réveiller n’est pas obligatoire pour le Wake-on-LAN pur, car la trame vise la MAC, mais elle simplifie l’accès au poste une fois démarré.

Sur la box ou le routeur, connaître la passerelle locale et l’organisation du sous-réseau aide à éviter les erreurs de diffusion. Au besoin, consultez 192.168.1.1 pour retrouver l’interface d’administration si votre réseau utilise cette adresse.

Le test le plus simple consiste à éteindre la machine, attendre 10 à 20 secondes, puis envoyer la trame depuis un autre appareil du LAN. Si rien ne se passe, ne passez pas immédiatement au diagnostic côté Internet : commencez par valider le fonctionnement dans le réseau local, car c’est le cas de base.

Réveiller un ordinateur depuis Internet, limites et contournements

Le point bloquant n’est pas l’ordinateur, mais le réseau. Le wake on lan utilise une diffusion locale, or un routeur ne transmet pas les broadcasts entre Internet et votre LAN. Une redirection de port UDP vers l’adresse de broadcast n’est pas toujours acceptée par les routeurs grand public, et même lorsqu’elle existe, elle dépend du firmware et des règles de sécurité.

Un autre obstacle fréquent est le partage d’adresses côté opérateur. Derrière un CGNAT, vous ne disposez pas d’une IPv4 publique directement joignable depuis Internet, ce qui fait souvent échouer toute tentative d’envoyer une trame vers la box. C’est une raison technique fréquente, rarement mentionnée, pour laquelle des tutoriels promettent un réveil distant qui ne fonctionne pas dans la pratique.

Dans certains cas, un VPN relié au réseau domestique contourne le problème, car l’appareil distant rejoint logiquement le LAN avant d’envoyer la trame. Dans d’autres, une règle de port forwarding peut aider, mais elle ne suffit pas toujours, justement parce qu’un broadcast local n’est pas une destination IP routée comme une autre.

Si votre objectif est d’allumer pc a distance depuis l’extérieur, retenez ce principe : le WOL fonctionne bien sur le LAN, devient conditionnel dès qu’un routeur s’interpose, et peut rester impossible selon la box, le firmware du routeur, la présence d’un CGNAT ou l’absence de relais interne.

Dépannage : que vérifier quand le réveil échoue

Quand le WOL ne fonctionne pas, il faut isoler le maillon qui bloque : firmware, système, câblage, diffusion locale ou architecture réseau. Le tableau ci-dessous regroupe les cas les plus courants.

Symptôme Cause probable Vérification à faire
Le PC ne réagit jamais, même sur le LAN Option désactivée dans le BIOS ou l’UEFI Contrôler l’activation de Wake on LAN ou Power On By PCI-E
Le port réseau est éteint après arrêt Carte réseau non alimentée Vérifier les réglages d’alimentation, y compris ErP si présent
Le réveil marche en veille mais pas PC éteint Pilote ou carte limités à certains états d’alimentation Tester veille, arrêt hybride et arrêt complet, puis comparer le comportement
Le réveil échoue en Wi-Fi Adaptateur sans prise en charge WoWLAN Tester avec un câble Ethernet directement relié au routeur ou au switch
Le réveil marche sur place mais pas depuis Internet Broadcast non routé ou box incompatible Valider d’abord le LAN, puis vérifier la gestion du broadcast côté routeur
Le réveil distant ne marche jamais avec l’opérateur Connexion derrière CGNAT Contrôler si l’IPv4 reçue par la box est publique ou partagée

Si vous utilisez plusieurs interfaces réseau, désactivez celles qui ne servent pas au test pour éviter d’envoyer la trame sur le mauvais segment. Vérifiez aussi la table ARP du réseau actif et la cohérence entre la MAC cible, la passerelle et le sous-réseau utilisé. Une adresse IP locale correcte ne suffit pas si la trame n’atteint pas physiquement la carte qui écoute.

Questions fréquentes

Comment fonctionne le Wake-on-LAN ?

Le Wake-on-LAN envoie une trame spéciale appelée magic packet vers la carte réseau d’un ordinateur compatible. Cette trame contient 6 octets à FF suivis de 16 répétitions de l’adresse MAC de la machine cible. Si la carte reste alimentée après l’arrêt et que l’option est activée, elle détecte ce motif et déclenche le démarrage. Le mécanisme fonctionne surtout sur le même réseau local, car il repose généralement sur un broadcast.

Comment puis-je allumer mon PC à distance ?

Vous pouvez allumer votre PC à distance si la carte réseau prend en charge le WOL, si l’option est activée dans le BIOS ou l’UEFI et dans le système, et si la machine est joignable sur le bon segment réseau. Le cas le plus simple consiste à envoyer le magic packet depuis le même LAN. Depuis Internet, cela dépend du routeur, de la prise en charge du broadcast et de l’absence de blocage comme le CGNAT. Sans ces conditions, le réveil échoue même si l’ordinateur est correctement configuré.

Comment configurer Wake-on-LAN ?

La configuration Wake-on-LAN se fait en deux étapes : activer le réveil réseau dans le BIOS ou l’UEFI, puis l’autoriser dans les propriétés de la carte réseau sous Windows. Il faut ensuite relever l’adresse MAC de la machine et tester l’envoi d’un magic packet depuis le même sous-réseau. En pratique, l’Ethernet donne les meilleurs résultats. Si le test local échoue, inutile de passer au réveil via Internet tant que ce point n’est pas résolu.

Quel est le logiciel Wake-on-LAN ?

Il n’existe pas un seul logiciel Wake-on-LAN officiel ou universel. Tout outil capable d’envoyer un magic packet correctement formé vers la bonne adresse MAC peut convenir. Le choix dépend du système utilisé et de votre réseau, mais l’outil ne compense pas une carte non compatible, une option BIOS absente ou un routeur qui ne laisse pas passer le trafic nécessaire. Le plus utile reste donc de valider la configuration matérielle et réseau avant le logiciel.

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