La commande ping est l’outil réseau le plus universel : disponible partout (Windows, macOS, Linux, mobile), elle sert à vérifier qu’un hôte distant est joignable et à mesurer le temps de réponse aller-retour (latence). En une ligne de terminal, vous savez si votre box, votre serveur ou un site répondent — et à quelle vitesse. Ce guide explique comment l’utiliser, comment lire le résultat, ses options utiles et ses limites.
Qu’est-ce que la commande ping ?
Ping est un utilitaire qui envoie un paquet ICMP Echo Request vers une adresse IP ou un nom de domaine, et attend une réponse ICMP Echo Reply. Le temps entre l’envoi et la réception est la latence aller-retour (round-trip time, RTT), exprimée en millisecondes.
L’outil a été écrit en 1983 par Mike Muuss et son nom vient du bruit qu’un sonar fait pour localiser un objet — vous « pingez » un hôte pour voir s’il répond. Aujourd’hui ping est intégré à tous les systèmes d’exploitation.
Utiliser ping sur chaque système
Windows
- Touche Windows, taper
cmd, ouvrir l’Invite de commandes. - Taper
ping trouver-ip.infopuis Entrée. - Pour pinger en continu jusqu’à arrêt manuel :
ping -t trouver-ip.info. Stopper avec Ctrl+C.
Par défaut, Windows envoie 4 paquets puis s’arrête et affiche le résumé.
macOS et Linux
Ouvrir un terminal et taper :
ping trouver-ip.info— ping en continu, arrêter avec Ctrl+C.ping -c 4 trouver-ip.info— limiter à 4 paquets puis arrêter.ping -i 2 trouver-ip.info— intervalle de 2 secondes entre paquets.
iPhone et Android
Pas de terminal intégré sur mobile. Solutions : applications dédiées comme « Network Ping Lite » (iOS), « Ping & DNS » (Android), ou utiliser un service web qui exécute ping côté serveur. Pour tester la connectivité, l’outil Mon adresse IP suffit souvent à savoir si la connexion fonctionne.
Comprendre la sortie de ping
Exemple typique :
PING trouver-ip.info (51.91.236.42): 56 data bytes 64 bytes from 51.91.236.42: icmp_seq=0 ttl=53 time=12.4 ms 64 bytes from 51.91.236.42: icmp_seq=1 ttl=53 time=11.8 ms 64 bytes from 51.91.236.42: icmp_seq=2 ttl=53 time=12.1 ms --- trouver-ip.info ping statistics --- 3 packets transmitted, 3 packets received, 0.0% packet loss round-trip min/avg/max/stddev = 11.8/12.1/12.4/0.2 ms
- IP résolue (51.91.236.42) : ping commence par traduire le domaine en IP via DNS.
- bytes : taille du paquet de réponse (56 + en-têtes ICMP/IP).
- icmp_seq : numéro de séquence (pour détecter les paquets perdus).
- ttl : Time To Live, nombre de routeurs traversés à rebours (TTL initial – sauts).
- time : la valeur clé — la latence aller-retour en millisecondes.
- packet loss : pourcentage de paquets perdus. 0 % = parfait.
- min/avg/max/stddev : statistiques de latence (le stddev mesure la stabilité, ou « jitter »).
Latence : ce que veulent dire les chiffres
- < 20 ms : excellent — serveur proche géographiquement, fibre ou bonne connexion.
- 20–60 ms : très bon, typique d’un serveur en France/Europe sur fibre.
- 60–150 ms : correct, serveur sur autre continent ou ADSL/4G.
- 150–300 ms : élevé, gêne sensible pour le jeu en ligne et la VoIP.
- > 300 ms : très élevé, problème réseau ou connexion satellite.
- packet loss > 1 % : signe d’instabilité, à investiguer.
Options utiles de ping
- -c N (Linux/macOS) ou -n N (Windows) : envoyer N paquets puis s’arrêter.
- -t (Windows) : pinger en continu (équivaut à la valeur par défaut Linux).
- -i secondes (Linux/macOS) ou -w ms (Windows) : intervalle entre paquets.
- -s octets : taille de la charge utile (par défaut 56). Utile pour tester la fragmentation :
ping -s 1472 -M dotrouve la MTU. - -W secondes : timeout d’attente d’une réponse.
- -4 et -6 : forcer IPv4 ou IPv6 (équivalent à la commande
ping6sur certains systèmes).
À quoi sert ping en pratique
- Dépanner sa connexion :
ping 8.8.8.8vérifie que la sortie internet fonctionne ;ping google.comajoute le test DNS. - Tester sa box :
ping 192.168.1.1ou l’IP de la passerelle valide le réseau local. Voir 192.168.1.1. - Comparer la latence vers plusieurs serveurs : utile pour choisir un serveur de jeu ou un nœud VPN (voir VPN).
- Vérifier qu’un serveur est joignable avant de tenter une connexion SSH, HTTP, etc.
- Monitorer la qualité de la connexion dans le temps en ping continu, repérer les microcoupures.
- Mesurer la MTU avec l’option
-s+ flag don’t fragment.
Quand ping ne fonctionne pas
Un ping qui échoue ne veut pas forcément dire que le serveur est en panne :
- ICMP bloqué côté serveur : beaucoup d’admins bloquent ICMP par configuration de pare-feu (limite les scans). Le serveur fonctionne mais ne répond pas au ping. Exemple connu : microsoft.com.
- ICMP bloqué en chemin : un routeur intermédiaire peut filtrer ICMP.
- Résolution DNS échouée : si vous pingez un nom de domaine et qu’il n’existe pas. Tester
ping 1.1.1.1pour isoler la cause. - Réseau coupé localement : pas de Wi-Fi, pas de DHCP, IP non attribuée.
- NAT strict / CGNAT mobile : pas de blocage de ping en sortie, mais aucune réponse possible en entrée vers votre IP privée.
Alternatives et variantes de ping
- traceroute : combine ping avec TTL croissant pour afficher chaque saut du chemin. Indispensable pour localiser où ça coince.
- mtr : combine ping continu + traceroute en temps réel. Excellent pour le diagnostic réseau (Linux/macOS).
- fping : ping en parallèle sur plusieurs hôtes — utile pour scanner un LAN.
- hping3 : ping étendu, peut utiliser TCP/UDP au lieu d’ICMP. Pratique quand ICMP est bloqué :
hping3 -S -p 443teste avec un TCP SYN sur le port 443. - tcpping : ping TCP simple, alternative à hping3.
- ping6 / ping -6 : version explicite IPv6.
FAQ : commande ping
Quelle est la différence entre ping et traceroute ?
Ping teste si un hôte répond et combien de temps il met. Traceroute fait du ping itératif sur chaque routeur intermédiaire pour cartographier le chemin réseau. Pour comprendre pourquoi un ping est lent, traceroute donne la réponse. Voir notre page traceroute.
Peut-on « pinger un site » pour voir s’il est en ligne ?
Ping teste l’hôte au niveau réseau (couche 3). Un site peut ne pas répondre au ping mais servir parfaitement les pages HTTP. Pour tester un site, l’idéal est une requête HTTP : curl -I https://exemple.com ou simplement ouvrir l’URL dans un navigateur.
Mon ping est élevé en jeu, comment l’améliorer ?
Privilégier l’Ethernet plutôt que Wi-Fi, choisir un serveur de jeu géographiquement proche, fermer les applications qui consomment de la bande passante, désactiver les VPN qui rajoutent un détour. La distance physique reste le facteur dominant : Paris → New York fait toujours minimum 70 ms incompressibles.
Le ping peut-il révéler mon adresse IP ?
Si quelqu’un vous « ping » depuis internet, il connaît déjà votre IP publique (sinon il ne saurait pas où envoyer le paquet). Ping ne révèle rien de plus que ce qui est déjà visible. Pour cacher votre IP, utilisez un VPN ou voir comment masquer son IP.
Pourquoi le ping continu sur Windows n’a-t-il pas d’option par défaut ?
Différence historique : sur Unix/Linux, ping est continu par défaut et il faut -c pour limiter. Sur Windows c’est l’inverse : limité à 4 paquets, l’option -t active le mode continu. Aucun des deux n’est plus correct, c’est juste une convention.
Est-ce que ping fonctionne en IPv6 ?
Oui. La même commande ping moderne supporte IPv6 (ICMPv6 Echo). Sur les anciens systèmes, utiliser ping6 explicitement, ou ping -6. Tester par exemple ping -6 ipv6.google.com.
Pour aller plus loin sur les outils réseau, voir notre encyclopédie IP.